mercredi 22 mai 2013

The Path of Noble Silence


C'est la traduction dans un piètre anglais d'un texte que j'ai déjà publié, dans le but de le partager à mes amis anglophones ou dont elle est la langue de rencontre.
Vos conseils sont les bienvenus, ainsi que vos réflexions.
Merci!
Pax
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The path of calm, peace and serenity is only done in silence. If it appears threatening to us, it is because of our ignorance. We cultivate a sickly attachment to the expression of our inner voices, which is why we end up developing an aversion to the vacuum of voices. But letting us be led by these movements plunges us into misery and slavery. Unfortunately, few thinkers have talked about slavery of thoughts; it's why not all thinkers are wise men.

The sage pursuits the path of calm, peace and serenity, which is why he must cultivate the silence. The isolation have the benefit to cut oneself from other's thoughts, which are more cause of concern than comfort. Far from the thoughts of others, we are overwhelmed by those that haunt us. At the beginning, we are harassed by our imagination about future and memories from the past, nothing that encourages us to take care of the present. However, all this passes and ends up in serenity, thankfully.

The calm after the storm reveals a most valuable friend. It's a simple voice, detached, rational, critical and encouraging. It helps us for some time, but the path to happiness can only be done alone at the end. The friend is there when needed, but we must know how to live even without this friend. Detached, we finally discover the true silence, and in this silence, "self." We become a simple membrane in contact with the presence, full of presences. We finally discover the "world" rather than it's representations. We leave ultimately the path of ignorance and join that of truth.

When cultivating this path, one wonders why to write.

Pax.

S.T.

lundi 20 mai 2013

Du silence à l'être

Voici une trace laissée par un sage de l'Antiquité. Elle est un chant brisant le silence et l'obscurité de l'espace et du temps. Pourtant, ce que Parménide nous laisse, c'est une énigme et un guide pour l'âme méditative qui doit poursuivre sa voie en silence.

http://philoctetes.free.fr/parmenide.pdf

vendredi 10 août 2012

Le noble silence.

La voie du calme, de la paix et de la sérénité ne se parcours qu'en silence. S'il nous apparaît menaçant, c'est par ignorance. Nous cultivons un attachement maladif à l'expression de nos voix internes, c'est pourquoi nous finissons par développer une aversion envers le vide des voix. Pourtant, se laisser porter par ces mouvements nous plonge dans la misère et l'esclavage. Malheureusement, peu de penseurs ont parlé de l'esclavage des pensées ; c'est qu'être penseur ne rend pas sage.

Le sage poursuit la voie du calme, de la paix et de la sérénité, c'est pourquoi il doit cultiver le silence. L'isolement a la bienfaisance de nous couper des pensées d'autrui qui penvent être plus source de préoccupation que de réconfort. Loin des pensées des autres, nous sommes submergés par celles qui nous hantent. Au début, nous sommes harcelés par notre imagination et notre mémoire, rien qui ne nous encourage à prendre soin du présent. Cependant, tout cela passe et finit par se calmer, fort heureusement.

Le calme après la tempête dévoile un ami des plus précieux. Il est une voix simple, détachée, rationnelle, critique et encourageante. Elle nous fait progresser un certain temps. Mais la voie du bonheur ne peut se faire que seule, à la fin. L'ami est là lorsqu'il est nécessaire, mais il faut savoir vivre même sans cet ami. Détaché, nous découvrons finalement le vrai silence, et dans ce silence, « soi ». Nous devenons une membrane au contact de la présence, plein de présences. Nous découvrons finalement le « monde » et non plus ses représentations. Nous quittons donc, finalement, la voie de l'ignorance et rejoignons celle de la vérité.

Lorsque nous cultivons cette voie, on se demande pourquoi écrire.

Pax.

dimanche 13 mai 2012

Souvenirs d'esclavage. Éducation à l'humanité.

Je pensais en avoir fini de spammer des messages faisant réfléchir sur nos politiques actuelles. Mais non. Lisant l'introduction de ma version « Du devoir de la désobéissance civile » de H. D. Thoreau par Sylvie Chaput, je suis tombé sur une citation d'un ancien esclave lors des troubles civiques causés par la question de l'esclavage chez nos voisins méridionaux.

Frederick Douglass décrit dans ses « Mémoires d'un esclave américain » de 1845 sa condition de deux décennies d'esclavage. Voici ses mots (traduits par Franchita Gonzales-Batlle, 1980) :

« Mon expérience de l'esclavage m'a permis d'observer que, chaque fois que ma condition s'améliorait, cela ne faisait qu'accroître mon désir d'être libre, au lieu d'accroître ma satisfaction, et m'entraînait à réfléchir aux moyens d'obtenir ma liberté. J'ai découvert que, pour rendre un esclave satisfait, il faut le rendre sans pensée. Il faut obscurcir sa vision morale et mentale et, autant que possible, anéantir la force de la raison. Il ne doit être capable de relever aucune contradiction dans l'esclavage; on doit faire en sorte qu'il trouve l'esclavage juste, et il ne peut y être amené que lorsqu'il cesse d'être un homme. »

Prenez le temps - il le faut - de relire ces propos.

Rien n'est pire que l'esclave qui justifie lui-même sa propre condition servile. Il se pose comme un non-humain... rationnellement. Le maître, malgré sa bassesse morale, ne fait que jouer et utiliser l'absence de moralité de l'esprit qui justifie l'injustifiable.

Ce qui demeure troublant dans tout ça, c'est de constater l'éternel retour du même : l'esclave était la principale force de travail, main d'oeuvre, des sociétés esclavagistes ; si la force de travail a changé de nom, le travail (et sa condition) se perpétue. Et je peux trop facilement lire à la place « d'esclavage », « salarié » ou « travailleur ». Et les opinions manifestées sur nos places publiques me confirment cette intuition.

« Pour rendre un [travailleur] satisfait, il faut le rendre sans pensée. Il faut obscurcir sa vision morale et mentale et, autant que possible, anéantir la force de la raison. Il ne doit être capable de relever aucune contradiction dans [le travail]; on doit faire en sorte qu'il trouve [le travail] juste, et il ne peut y être amené que lorsqu'il cesse d'être un homme. »

La société de travailleurs-consommateurs est la mort de l'humanité. Quoi penser de ceux qui s'évertuent à faire de l'éducation 1) la préparation au travail, ou 2) un service pour consommateurs-étudiants (PME individuelle)? Que penser maintenant de ceux qui justifient tout cela, parmi lesquels se trouvent des enseignants, beaucoup de travailleurs, des étudiants, trop de « citoyens »...?

jeudi 26 avril 2012

Pouvoir exécutif au sein de la société civile


Violence? Un banc de parc passe au feu... Si une vitrine est cassée, est-ce que ça justifie la violence et la répression des autorités? Dans une situation de tension, l'autorité n'est-elle pas due de maintenir un contrôle? Pourquoi générer la panique et le chaos?

On ne peut contrôler qu'en étant en contrôle de soi... malheureusement, je vois se multiplier des policiers incompétents : hors de contrôle, sur le bord de la panique, face à une foule qui ne fait que du bruit, ou un seul individu agressif... Triste de faire le constat de cette incompétence, moi-même qui enseigne l'auto-défense. Pourtant, s'il est une fonction où cette compétence est fondamentale, c'est bien celle de nos « gardiens » (policiers).  Malheureusement, la formation actuelle des « agents de la paix » en font des bombes à retardement, des agents de guerre, trop souvent pour qu'on puisse se le permettre. Une société qui valorise la paix et la discussion ne peut se permettre de tolérer de tels caractères parmi les représentants de l'autorité.

L'attitude qu'on permet de la part du pouvoir exécutif est éducative, chose qu'on a tendance à oublier. Elle donne l'exemple à tout citoyen sur la manière de gérer une crise ou un conflit. C'est pourquoi certaines attitudes ne doivent pas être permises ni tolérées, de la part de quiconque, peu importe son travail, sa fonction ou son rôle ; aucune tâche ne peut soustraire un individu (citoyen) de son devoir moral d'être civique, courtois et respectueux. En conséquence, nos « gardiens » ont un fardeau moral supérieur à chaque citoyen puisqu'ils sont justement l'exemple de l'usage de la violence légitime en société, donc de la limite à la violence. Ainsi, ils représentent la paix, non la guerre. Pourtant, face à une foule, ou une résistance quelconque, nous les voyons préparer la guerre... et souvent la provoquer, ce qui va contre tout sens raisonnable. Une limite est franchie, celle de la violence.

Nous constatons bien nos moeurs dégénérer : le sentiment de respect envers les autorités tend à disparaître. La principale cause de cela, c'est justement le fait que ces autorités ne soient plus respectables. Ils n'ont plus autorité par respect, mais par crainte, par pouvoir de sanction. Leur autorité est devenue artificielle, strictement légale. Pour maintenir leur autorité, jusqu'où iront nos représentants du pouvoir exécutif? Ont-ils appris que le respect vient des limites qu'on s'impose malgré les circonstances? les limites qu'on met à l'usage de notre violence malgré la violence même de ce qui nous fais face?

Et dire que beaucoup de citoyens pensent que leur formation collégiale, qui implique nécessairement quelques cours de philosophie, est en fait une perte de temps. Pourtant, c'est la formation philosophique qui ouvre à cette compétence fondamentale qui manque tant à la formation des policiers! C'est par la philosophie qu'ils peuvent prendre conscience de cela et peut-être échapper à la bêtise et la barbarie si facile dans leur métier (position de pouvoir).

Être un agent de la paix, c'est accepter de se faire fusiller avant de fusiller, pas fusiller par prévention. L'attaque préventive n'est pas légitime défense, et ne sera jamais légitime. Pourtant, nous avons fini par admettre et accepter que nos agents de la paix interviennent de manière préventive au nom de la sécurité, ce qui ouvre la voix à l'agression « légitime », dont la « légitimité » ne tient qu'à l'interprétation malléable de la situation. Ceci est inacceptable car ne peut que déboucher sur un état social violent. C'est permettre la violence en prévention de la violence ; la violence comme solution, l'injustice comme solution. On s'excuse facilement de notre immoralité.

Pourtant, chose que je ne tairai jamais, la moralité ne peut souffrir d'aucun compromis.

Aucun citoyen ne peut tolérer que le pouvoir exécutif soit un agresseur légitime. Jamais l'usage légitime de la violence de doit être en position de guerre (d'agression) contre la voix du peuple, son ensemble, une partie (aussi minoritaire soit-elle) ou même un seul individu.

Ayons tous une pensée pour ceux qui sont morts sous l'agression des « services » de police. Pensons aussi à tous ceux qui subissent la violence et lui répondent par la paix... Montrons-nous plus civilisés que nos « agents de la paix », soyons les agents de la paix.

mardi 27 mars 2012

Orgueil des profondeurs

« Dès qu'on se pose des questions dites philosophiques et qu'on emploie l'inévitable jargon, on prend un air supérieur, agressif, et cela dans un domaine où l'insoluble étant de rigueur, l'humilité devrait l'être aussi. Cette anomalie n'est qu'apparente. Plus les questions qu'on aborde sont de taille, plus on perd la tête : on finit même à se prêter à soi-même les dimensions qu'elles possèdent. Si l'orgueil des théologiens est plus ''puant'' encore que celui des philosophes, c'est qu'on ne s'occupe pas impunément de Dieu : on en arrive à s'arroger malgré soi quelques uns de ses attributs, les pires s'entend. »

Cioran, De l'inconvénient d'être né, éd. Gallimard, 1973, p.197.